Pourquoi les enfants aiment-ils les histoires qui font peur ?

Monstres, fantômes, sorcières, maisons hantées… Les histoires qui font peur fascinent les enfants depuis toujours. Mais pourquoi aiment-ils tant frissonner ? Et comment choisir des lectures qui leur procurent juste ce qu’il faut de peur ?

À l’approche d’Halloween, c’est l’occasion de s’intéresser à ces histoires qui font battre le cœur un peu plus vite !

Avoir peur… pour apprendre à ne plus avoir peur ?

Cela peut sembler paradoxal : pourquoi un enfant réclame-t-il une histoire de monstres alors qu’il a parfois peur du noir ou des bruits dans sa chambre ?

Parce que la peur ressentie à travers une histoire n’est pas tout à fait la même que celle vécue dans la réalité.

Dans un livre, l’enfant peut explorer des situations inquiétantes tout en restant dans un environnement sécurisant. Il peut s’identifier à un personnage, ressentir ses émotions, trembler avec lui… puis découvrir comment celui-ci surmonte ses difficultés.

Dans un article publié par Milan Jeunesse, le psychologue et psychanalyste Harry Ifergan explique l’intérêt de cette peur vécue dans la fiction : elle peut aider les enfants à se préparer aux peurs qu’ils rencontreront dans la réalité.

Les histoires deviennent ainsi un terrain d’exploration des émotions.

Et quelle satisfaction, une fois le livre refermé, de pouvoir se dire : « J’ai eu peur… mais j’ai réussi à aller jusqu’au bout ! »

Qu’est-ce qui fait une bonne histoire qui fait peur ?

Pour nous faire frissonner, les auteurs jeunesse disposent de nombreuses astuces. Dans son article, Milan Jeunesse donne la parole à plusieurs écrivains qui dévoilent leurs secrets de fabrication.

1. Le mystère plutôt que le monstre

Une porte qui grince, des pas dans un couloir désert, une silhouette à peine visible…

Parfois, ce que l’on imagine est bien plus effrayant que ce que l’on voit !

Les auteurs jouent avec les ombres, les silences, les bruits et les détails mystérieux pour laisser l’imagination du lecteur faire le reste.

2. Des personnages auxquels s’identifier

Une histoire est d’autant plus prenante que l’enfant peut se reconnaître dans son héros.

Lorsque le personnage principal ressent de la peur, hésite, cherche du courage ou tente de comprendre ce qui lui arrive, le lecteur partage son aventure.

Et quand ce héros parvient à surmonter ses craintes, le jeune lecteur peut lui aussi éprouver un sentiment de fierté.

3. Un suspense savamment dosé

Une bonne histoire qui fait peur ne révèle pas tout immédiatement.

L’inquiétude s’installe progressivement. Les événements deviennent de plus en plus étranges. Le rythme s’accélère… jusqu’au dénouement !

Les mots, les phrases courtes, les répétitions et même les silences participent à cette montée du suspense.

4. Une petite dose d’humour

Heureusement, les histoires effrayantes ne sont pas toujours sérieuses !

Un monstre maladroit, un fantôme ridicule ou une sorcière un peu distraite peuvent transformer la peur en éclat de rire.

L’humour permet de relâcher la tension et de rendre l’expérience plus légère.

C’est aussi une merveilleuse façon de jouer avec les peurs plutôt que de les subir.

Toutes les histoires qui font peur ne conviennent pas à tous les enfants

C’est sans doute le point le plus important.

Un enfant de 4 ans et un lecteur de 9 ans ne ressentiront pas nécessairement les mêmes émotions face à une histoire inquiétante.

Mais l’âge ne fait pas tout : certains enfants adorent les monstres dès leur plus jeune âge, tandis que d’autres restent très sensibles aux situations angoissantes.

Il n’existe donc pas de recette universelle.

L’essentiel est de respecter la sensibilité de chaque enfant, sans minimiser ses peurs ni le pousser à aller plus loin qu’il ne le souhaite.

Quelques pistes pour accompagner ces lectures :

  • Laisser l’enfant choisir. Une histoire qui fait peur doit rester un plaisir, jamais une obligation.
  • Lire ensemble. La présence rassurante d’un adulte peut aider à découvrir des récits un peu plus impressionnants.
  • Observer ses réactions. Un enfant qui rit, réclame encore une histoire ou pose des questions ne vit pas nécessairement la peur comme un enfant qui se crispe ou demande d’arrêter.
  • Accepter de refermer le livre. On pourra toujours y revenir plus tard !
  • En parler après la lecture. Qu’est-ce qui faisait peur ? Le monstre était-il vraiment méchant ? Comment le héros a-t-il trouvé une solution ?

Et si les illustrations changeaient tout ?

Dans les albums jeunesse, les images jouent un rôle essentiel.

Un monstre représenté avec de grands yeux ronds et des couleurs joyeuses n’aura pas le même effet qu’une créature sombre dissimulée dans une forêt inquiétante.

Les illustrateurs peuvent accentuer le suspense ou, au contraire, apporter de la douceur et de l’humour.

C’est toute la richesse de l’album jeunesse : le texte et l’image travaillent ensemble pour faire naître des émotions.

Lire pour frissonner… et pour grandir !

Les histoires qui font peur ne sont donc pas uniquement des lectures d’Halloween.

Elles permettent aussi d’explorer les émotions, de développer l’imagination, de découvrir le courage et parfois même de rire de ce qui nous effrayait quelques pages auparavant.

Et surtout, elles rappellent que la lecture peut nous faire vivre mille aventures sans quitter notre fauteuil !

📚 À la Librairie Florilège

Monstres rigolos, sorcières malicieuses, fantômes mystérieux ou véritables histoires à suspense : la littérature jeunesse regorge de livres pour frissonner à tous les âges.

Nous aimons prendre le temps d’échanger avec les enfants et leurs parents pour trouver des histoires adaptées à leurs envies et à leur sensibilité.

Car le meilleur livre qui fait peur n’est pas nécessairement le plus effrayant… c’est celui qui procure à son lecteur le plaisir de frissonner, à son rythme !

Voici quelques titres que vous trouverez chez nous

Source et pour aller plus loin

Cet article est une réflexion de la Librairie Florilège inspirée de la publication de Milan Jeunesse, « Histoires qui font peur : la recette d’un bon récit pour faire frémir les enfants », publiée le 19 mars 2025.

L’article original donne notamment la parole à Paule Battault, rédactrice en chef de MordeLIRE, ainsi qu’aux auteurs Chrysostome Gourio, Michel Piquemal et Anne Bailly.

👉 Lire l’article original sur Milan Jeunesse

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